Les aléas du système !

Lettre à et pour la France !

Par Sandrine Féraud

J'écris la rage au ventre un mois avant les présidentielles. Où sont les français ? Qui sont-ils ces habitants aux yeux glauques et aux habitudes robotisées ? Dans la crainte sous-jacente de voir leur petit monde s'écrouler à la première fatalité, prête à surgir, mais il faut savoir...

Savoir que travailler et payer ses impôts, ça n'est rien ! Il faut acheter, foncer, embrasser les crédits, et en faire, en faire toujours plus c'est si facile... Il faut aussi faire des enfants, mais au moins deux parce qu'un seul ne mange pas, à moins que les parents ne divorcent... il ne faut pas gagner « trop » d'argent, ne pas dépasser un certain seuil, non, puisque qu'en perçant tous les plafonds le français n'a droit à rien.

Il faut avant tout mener sa petite vie tranquille et prier le ciel que n'intervienne pas la maladie. La maladie parlons-en, un arrêt maladie parce qu'en travaillant on ne se met pas à l'écart de ce fléau. Alors, on cueille au passage un cancer, et puis pour l'autre on grappille des séquelles opératoires, voilà pour un couple.

Le résultat est le suivant, l'arrêt maladie ! On vous propose tant de solutions que votre tête chancelle, mais vous faites tout, les démarches, les courbettes, les attentes, la dignité peu à peu reprend sa liberté au mépris des aides que vous demandez vous qui ne travaillez plus. Alors, vous écrivez à la Présidence, et là on vous affirme qu'il y a des solutions. C'est vrai, vous êtes convoqué de nouveau à ces mêmes rendez-vous et des solutions au lointain apparaissent. La caisse d'allocations familiales reçoit votre dossier et après quinze jours de réflexion renvoie une feuille blanche avec un numéro d'allocataire signalant que vos ressources sont trop élevées. Aucune signature, juste en bas de page, « Votre caisse d'allocations familiales. » Puis vous ripostez par un mail, en état d'urgence, vous recevez un mail de « votre technicien-conseil » qui vous écrit : « je ne peut que vous confirmer » [sic]

L'ANPE vous demande un CV par mail, vous l'envoyez, vous recevez le même jour à savoir le 26 mars un message répondeur « en congeé du 05.03.07 au 12.03.07 inclus"[sic]

Vous comptez alors sur d'autres organismes, une prévoyance par exemple, mais quelle administration ou organisation a donc la promptitude lorsqu'elle-même, n'est pas demandeuse. L'assistance sociale, sympathique, diplomate, vous propose des solutions tant que c'en est désespérant. « Avez-vous des dettes » ? « Des crédits » ? Non, nous n'avons jamais vécu au-delà de nos moyens. « Dommage, dans votre cas ils auraient été pris en cause et auraient été payés » Et puis la phrase magique, « vous vivez dans un appartement trop élevé pour vos ressources actuelles, vous ne pourrez pas payer votre loyer, mais... vous n'avez pas droit non plus à un HLM vos ressources demeurent trop élevées et puis il y a trois ans d'attente." Vous n'avez plus non plus la ressource de déménager, le prix des locations, la caution... Quelle est la solution, puisque nous sommes en maladie, n'avons qu'une seule enfant, ne pouvons plus payer notre loyer ? Il n'y a rien !

Pour finir, je reçois il y a trois jours un courrier de la CPAM m'informant de l'arrêt de mes indemnités journalières au mois d'août puisque j'aurai atteint le seuil des trois ans de maladie. Mais j'ai repris mon emploi pourtant plusieurs mois entretemps, ça ne compte pas. On emprunte de l'argent aux proches, les banques ne prêtent pas quand on n'a pas d'argent. Sans argent les prélèvements sont refusés et pour quatre erreurs de la CPAM qui bloque les versements les frais bancaires sont énormes, mais là non plus on ne dit rien. Il me faut donc passer par la médecine du travail en vue d'une inaptitude à mon poste de travail, attendre quinze jours que mon employeur réfléchisse à une place éventuelle pour remplacer la précédente, puis la médecine du travail, détermine durant quinze jours si la réponse de mon employeur est correcte. Après quoi mon employeur à un mois pour me verser mes indemnités de licenciement, ainsi que celle de mon ancienneté, et durant ce temps là RIEN !

 Ainsi, je me pose la question suivante : Nous ne sommes certainement pas les seuls à être dans ce cas, et pourtant rien ne bouge, ces français qui ont la larme à l'œil lorsqu'ils regardent une émission de télé réalité, ces français endormis qui s'agitent pour le football, ces français alanguis devant une belle histoire d'amour où donc ont ils mis leurs valeurs, leur sens de responsabilité, leur honneur ! Ces français qui ne parlent même plus français, et qui pratiquent la politique de l'autruche, parce qu'après tout, qu'est ce qu'on peut faire ? Dans ces conditions, oui abrégeons, le vocabulaire, abrégeons les prises de conscience, oublions qu'il n'y a pas que dans les pays voisins qu'il y a des choses énormes, et puis en vedette Les Enfants de Don Quichotte en décembre n'en parlons plus non plus, sans doute sont-ils tous relogés puisqu'ils ne sont plus sous les feux de l'actualité. La rage au ventre, mais rien d'autre, qu'un pays qui s'éteindra si son propre peuple ne réagit pas, un pays qui devient si profondément désespérant qu'il annihilera tous ces français qui ont cru en leur pays et arborait leur fierté au sourire de leur visage, un pays si triste et si endetté que jamais rien ne pourra plus l'en sortir, et si le fait d'avoir douze candidats aux présidentielles doit donner un brin d'espoir à tous les français, si ces hommes et ces femmes qui s'abritent sous les discours empâtés de tous ces candidats veulent y croire qu'ils prennent conscience dès maintenant que, la France a besoin de citoyens solidaires, courageux, qui osent s'exprimer pour le bien de leur pays, qui ne renient pas leur propre langue pour adopter celles de nos adolescents et qu'ils doivent dès maintenant défendre leurs droits, leurs vies, leur pays, contre l'état d'hypnose qui saisit la France et la laissera inerte.

Sandrine Féraud

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Article ajouté le 2007-04-30 , consulté 238 fois

Commentaires


leblogdesfees le 12/05/2007 à 08:48:30
Tout à fait vrai ! l'immobilisme des français est étonnante ! La France, pays des grandes révolutions, 1789, Mai 68, ou êtes vous les révolutionnaires des causes justes ? En train de casser des vitrines, mettre le feu aux voitures, ce n'est malheureusement pas comme celà que l'on s'en sortira. Une vrai révolte de fond, voilà ce qu'il faut ! et non ces quelques manifs à la "touche pas à mes vacances" (pour les profs), "hors de question de travailler 1 mn de plus par jour" (pour la sncf)et j'en passe et des meilleures. Tant que le système sera ainsi, c'est à dire, que chaque fois qu'une mesure sera prise, d'autres la contrediront, rien ne bougera, que cela soit avec un gouvernement de droite ou de gauche, cela sera pareil. La France est divisée quasiment à 50 %, c'est la loi du verre à moitié vide ou à moitié plein. Rien ne pourra bouger dans ces conditions. Désolée pour ce pessimisme, mais je ne vois aucune alternative aux injustices subies par la plupart des français dits "moyens". Bise à toi, Sara et merci de tes nombreux récents commentaires.
Isa
Sandrine le 12/05/2007 à 10:10:53
bonjour et merci à Sarah tout d'abord de votre soutien qui m'a fait chaud au coeur. Et bien que dire sinon qu'en poussant de forts coups de gueule, on trouve encore de la solidarité et bien qu'elle se manifeste por un côté virtuel je peux vous assurer qu'elle m'a aidée à aller jusqu'au bout. Cependant Sarah je ne partais plus que pour ma cause. A savoir qu'il existe "parait-il" la possibilité de se faire entendre sans passer par la grève de la faim. Je ne jure de rien pour l'heure, j'attends confirmation de tout ce qui m'a été promis. Mais j'ai aussi l'aimable autorisation de pousuivre mon combat sur le net et faire avancer mon projet de changer certains règlements appliqués à des lois qui sont aberrantes, et que vous connaissez aussi. Le blog servira de relais, je veux aussi apporter si je le peux de l'aide à d'autres en situation critique.Je n'ai pas d'autorisation de retravailler avant juillet au moins, et je ne peux faire plus que donner les adresses directes, voire même faire les courriers pour d'autres.Mais la seule chose dont je suis certaine, c'est qu'il faut continuer à écrire, à parler , à chanter et transmettre tant qu'on le peut pour ne pas sombrer dans cette indifférence et l'inertie qui nous est imposée.Le combat n'est pas fini Sara, les mois qui viennent vont bien sûr être décisif, mais je suis certaine qu'être ferme et digne avec ces gens là ont plus de poids que tout. Dans l'attente que ma situation évolue tel que c'est prévu, je vous tiendrai au courant, toujours un plaisir de venir sur Terragalice mille mercis de votre soutien, de vos mots, d'être ce que êtes, ne changez pas, et gardez votre dignité, elle vous va si bien (sourires) et elle n'appartient qu'à vous. Mille bisous Sandrine
lityk site : myspace.com/lityk_on_the_vibration / | le 24/07/2007 à 22:22:27
bon courage !!!
;))

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